Sous prétexte d’apporter de l’aide et de stabiliser le pays, la communauté internationale, notamment à travers l’ONU et certaines puissances occidentales, impose une présence militaire qui soulève de nombreuses interrogations.
Depuis des décennies, Haïti est le terrain d’interventions internationales qui, loin d’apporter des solutions durables, semblent perpétuer un cycle de dépendance et d’instabilité. Après la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), marquée par des scandales, une nouvelle force internationale menée par le Kenya s’installe dans le pays. Officiellement, il s’agit d’une mission de sécurité pour lutter contre les gangs armés qui contrôlent une grande partie du territoire.
Cependant, cette initiative suscite de vives critiques. D’une part, elle reflète une incapacité des élites politiques haïtiennes à prendre en main la sécurité du pays. D’autre part, elle montre que la « communauté internationale » continue d’agir sans un réel consensus populaire. De nombreux Haïtiens dénoncent une nouvelle occupation déguisée, imposée par des puissances étrangères qui ignorent les dynamiques locales.
L’histoire récente prouve que ces interventions extérieures, bien que justifiées par des motifs humanitaires ou sécuritaires, ont souvent aggravé la situation. La MINUSTAH, par exemple, a laissé derrière elle un bilan catastrophique : des violences, des abus, et une épidémie de choléra qui a fait des milliers de morts. De plus, les missions militaires ne s’attaquent jamais aux racines du problème haïtien : l’absence d’un État fonctionnel, la corruption et la marginalisation des populations.
En parallèle, l’aide humanitaire, bien que nécessaire, est souvent détournée ou mal gérée, renforçant une économie d’assistance plutôt qu’un développement autonome. Cette dépendance empêche le pays de reconstruire ses institutions et de reprendre le contrôle de son avenir.
Face à cette situation, il est impératif que les solutions viennent d’abord des Haïtiens eux-mêmes. Loin d’un nouveau cycle d’occupation, le pays a besoin d’un soutien international basé sur le respect de sa souveraineté et la mise en place d’institutions solides. La priorité devrait être donnée à des solutions endogènes, avec un accompagnement ciblé et respectueux des dynamiques locales.
Haïti n’a pas besoin d’une ingérence militarisée sous prétexte d’aide humanitaire. Il a besoin d’un véritable partenariat, d’investissements durables et d’un appui à la reconstruction de son État. Sans cela, toute intervention extérieure ne fera que perpétuer un cercle vicieux dont les premières victimes sont, comme toujours, les citoyens haïtiens.
Smith PRINVIL
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