Édition du 1er avril 2025

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Québec

Les pannes du REM : Le ver est dans la pomme

Le REM est gratuit cette semaine. Les usagers réguliers qui ont déjà payé leur passe mensuelle doivent l’avaler de travers celle-là. Comme s’ils en n’avaient pas déjà assez de subir les multiples pannes, voilà que la CPDQ infra se paie une campagne de marketing cheap sur leur dos. Un chausson avec ça ?

Privatisation sournoise

Les problèmes du REM sont tout sauf imprévisibles. Ils sont le résultat d’un mélange des genres. On ne peut servir deux maîtres en même temps : soit c’est la maximisation du rendement financier, soit c’est le bien commun. Dans le cas du REM, le projet de transport en commun électrifié sert depuis le début à masquer une gigantesque mécanique de transfert d’argent de la population vers le secteur financier. C’est une forme de privatisation extrêmement sournoise.

Quelques données de base bien connues permettent de camper le décor. La CPDQ infra possède un contrat de 99 ans avec le gouvernement qui fera qu’à son échéance, nous aurons payé trois fois le prix de cette infrastructure. En plus de cela, le gouvernement lui garantit un rendement de près de 8% par année avec l’argent des contribuables. Comme si cela n’était pas assez, le REM a cannibalisé la ligne publique de train de banlieue la plus rentable.

Oublions l’argument à l’effet que le REM permet de créer des emplois ici. Particulièrement depuis le passage de Michael Sabia, les investissements de la Caisse sont grandement tournés vers l’étranger. La vocation de la Caisse qui était de soutenir l’économie québécoise, n’est plus qu’un vague souvenir. Un fait concernant le REM l’illustre parfaitement : la Caisse est actionnaire à 17% d’Alstom qui elle, a choisi de faire construire les wagons du REM… en Inde. C’est tout dire…

Les services publics comme vache à lait de la haute finance

Il faut le dire haut et fort, la conception financière du REM est d’abord et avant tout celle d’une machine à accaparer le fric des contribuables. À cet égard, il a fait des p’tits puisqu’après l’avoir conçu, Michael Sabia est allé mettre en place la Banque d’infrastructure Canadienne (BIC) qui permet à des grands fonds d’investissement tels Black Rock de financer des infrastructures publiques avec à la clé… un rendement annuel garanti avec l’argent des contribuables. C’est retors à souhait.
Aujourd’hui, Michael Sabia est à la tête d’Hydro-Québec. Depuis son arrivée, on voit se multiplier les grands projets éoliens qui, pour se donner un vernis d’acceptabilité sociale, s’associent à des communautés autochtones et des MRC malgré que l’opérateur soit privé. Ces MRC ou Conseils de bande ont des budgets annuels de quelques millions et embarquent dans des projets qui, pour certains, dépassent les milliards d’investissement. Qui donc les financera ? Poser la question c’est y répondre. Michael Sabia a pensé à tout. Nous sommes à l’ère des services publics servant de vache à lait à la haute finance. Les usagers du REM en paient actuellement le gros prix.

Martine Ouellet
Cheffe de Climat Québec

Germain Dallaire
Syndicaliste

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