Ce matin, les manifestantes ont dénoncé les mesures d’austérité des
dernières années qui ont causé nombre de problèmes mis en lumière par la pandémie (sous-financement en santé et en éducation, perte de notre filet social menant à un appauvrissement et à davantage d’inégalités sociales, etc.) et la réponse inadéquate des gouvernements face à la crise climatique et la crise sanitaire.
Devant ces constats, le RGF-CN demande aux ministres : à quand un plan de relance réellement bénéfique pour l’ensemble de la société et pour l’environnement ? Afin d’attirer l’attention sur ce questionnement et les solutions qu’elles proposent, les Tables régionales de groupes de femmes ont tenu aujourd’hui plusieurs actions d’éclat dans diverses régions du Québec. Leur but : mettre en lumière les réalités singulières que vivent les femmes et les difficultés rencontrées par celles à la croisée d’oppressions et demander qu’elles soient prises en compte par leur gouvernement.
« En fait, nous posons trois questions aux ministres : Connaissez-vous les effets de la pandémie sur l’ensemble des femmes au Québec ? Votre relance répond-elle aux besoins de toutes les femmes, particulièrement celles affectées par la pandémie ? Votre relance limite-t-elle la participation des femmes à la reprise ? » explique Judy Coulombe, porte-parole du RGF-CN. Selon l’organisme, une analyse différenciée selon les sexes et intersectionnelle permettrait de répondre de façon satisfaisante à ces questions et d’éviter les écueils trop souvent vus dans les plans de relance des dernières années où sont priorisés les secteurs d’emplois à prédominance masculine et dont on ignore commodément les impacts négatifs sur une partie de la population ou sur l’environnement.
Les manifestantes ont démoli, devant le Conseil du Trésor, un bloc de béton qui emprisonnait les pieds d’une femme. « Ce que nous demandons aux ministres, c’est une relance féministe, verte et inclusive, explique madame Coulombe. On veut plus que du béton ! On refuse que les femmes soient prisonnières de rôles traditionnels non reconnus. Aucune raison ne peut expliquer l’absence de prise en compte des besoins des femmes dans la relance et il est inacceptable que leur rôle dans cette reprise ne soit pas à la hauteur de leur participation sociale à la lutte contre la pandémie ».
Le RGF-CN est composé d’une trentaine de groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale qui travaillent solidairement à la défense collective des droits et intérêts des femmes et l’amélioration de leurs conditions de vie.
Voici des discours prononcés durant cette action.
Allocution des AmiEs de la Terre de Québec pour l’Action pour une relance écoféministe du 12 novembre.
La pandémie nous a appris et nous apprend encore beaucoup de choses.
J’oserais dire « heureusement », car elle a fait réaliser à beaucoup que le modèle économique d’« autrefois » était désuet et mésadapté.
Cette pandémie et cette transition économique qui l’accompagne nous amène à réaliser :
À quel point nous sommes fragiles face aux changements climatiques et à la destruction des écosystèmes,
À quel point nous dépendons de la nature mère pour survivre, ET SURTOUT
À quel point nos avons besoin de l’autre pour ne pas s’effondrer.
Et les femmes forment plus que tout ce pilier qui empêche l’effondrement.
Ce n’est pas de béton dont nous avons besoin.
Ce n’est pas de pétrole dont nous avons besoin.
Ce n’est pas d’une croissance économique destructrice et réductrice dont nous avons besoin.
Nous avons besoin…NON ! NOUS EXIGEONS !
Nous exigeons une qualité de vie pour tou.te.s !
Nous exigeons une société écologiste pour tou.te.s !
Nous exigeons une relance humaine, juste et verte pour tou.te.s …POUR NOTRE GÉNÉRATION ET LES FUTURES !
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