Le ministre doit donc mandater le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour qu’il évalue le pipeline et le port pétrolier de Cacouna et aille consulter les principales communautés qui risquent d’être affectées si ce projet se réalise. Les enjeux sont énormes et sérieux. L’oléoduc Énergie Est est en effet un gigantesque projet de 12 milliards de dollars, qui serait d’une longueur de 4400 km et d’une capacité de 1,1 million de barils par jour. À titre comparatif, le projet de Keystone XL aux États-Unis aurait une longueur de 1900 km et une capacité de 830 000 barils par jour. Les risques associés à la construction et, surtout, les impacts potentiels en cas de déversement doivent absolument être évalués et si Québec n’agit pas, seul le processus d’évaluation fédéral par l’Office national de l’énergie (ONÉ) s’appliquera. Or, l’ONÉ est grandement critiqué, entre autres, en raison de son caractère antidémocratique (entrave à la participation du public) et de la portée limitée de ses mandats.
Menace pour les villes, l’eau et les bélugas
L’oléoduc traverserait de nombreux villages et villes incluant les régions métropolitaines de Québec et de Montréal. Les enjeux liés à la sécurité civile incluant les risques associés à l’approvisionnement en eau potable de ces villes sont d’une importance primordiale. Plusieurs villes ont d’ailleurs exprimé des inquiétudes à cet égard. Le pipeline traversera aussi de nombreux cours d’eau et écosystèmes sensibles incluant la rivière des Outaouais et le fleuve St-Laurent. Sans parler de l’habitat essentiel des bélugas, une espèce menacée, dans lequel TransCanada souhaite construire son port pétrolier de Cacouna (demandez au gouvernement fédéral de protéger les bélugas[pb1] ). Imaginez l’impact humain, économique et environnemental si un déversement devait se produire sur l’un de ces cours d’eau.
La clé pour l’expansion des sables bitumineux
Rappelons que le projet Énergie Est ne peut être dissocié de la production de pétrole issue des sables bitumineux. La croissance prévue de cette industrie est impossible sans la construction d’oléoducs pour l’acheminer vers les marchés continentaux et mondiaux. Accepter que soit construit cet oléoduc est donc d’accepter l’augmentation de la production de pétrole des sables bitumineux qui sont responsables pour la majorité de l’augmentation des GES du Canada. À lui seul, ce projet augmenterait de 32 millions de tonnes de GES par année (ou l’équivalent d’ajouter 7 millions d’automobiles sur les routes). Le président Obama considère d’ailleurs que le projet de pipeline Keystone XL devra être refusé s’il augmente significativement les émissions de GES planétaires. Considérant le positionnement du gouvernement du Québec à l’égard de la réduction des GES, il semble crucial que cet aspect soit évalué avec soin.
Les signataires de la lettre sont : Greenpeace Canada, Équiterre, La Fondation David Suzuki, NON à une marée noire dans le St-Laurent, Sierra Club Québec, Fonds mondial pour la nature, ENvironnement JEUnesse, Les Citoyens au Courant, Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), Nature Québec, Regroupement national des Conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ), Coalition vigilance oléoducs et le Regroupement Vigilance Hydrocarbures Québec(nouveau nom du RIGSVSL)