La bourgeoisie, à l’échelle mondiale, était cependant divisée. Une grande partie du 1 % se rangeait derrière Hitler, Mussolini, Franco, Pétain. Aux États-Unis et au Canada, les grands capitalistes salivaient à l’idée de vendre aux Nazis tout ce qu’ils pouvaient. Ils pensaient également que seule l’Allemagne pouvait tenir tête à l’Union soviétique et écraser la gauche en Europe. Mais il y avait également des membres de l’élite qui résistaient à ce délire. Cette bourgeoisie « éclairée » pensait qu’il était nécessaire de faire alliance avec le peuple, de relancer l’accumulation par une certaine redistribution, et d’empêcher la victoire du fascisme. Finalement, l’histoire a basculé, pour le mieux. Les partisans yougoslaves, italiens, grecs, français, ont réussi à affaiblir les forces d’occupation. L’Union soviétique passé le choc de son invasion (1941) s’est remise en marche pour refouler les Nazis. À partir de 1943 (bataille de Stalingrad), l’heure a sonné pour la fin d’Hitler. Plus tard, l’arrivée des soldats américains en Europe (1944) a donné le dernier coup, alors que l’armée rouge était pratiquement aux portes de Berlin. En Chine, les partisans avaient également gagné.
Plusieurs années plus tard, le monde n’est plus le même, mais nous voilà confrontés à un dangereux alignement des astres. La bourgeoisie, le système capitaliste mondial en d’autres mots, est engouffré dans une crise multiple, une « crise des crises » qui débouche sur des conflits sans fin, en cascades. Des « guerres par procuration » mettent aux prises l’empire américain et ses alliés-subalternes (comme le Canada) et les puissances « émergentes », comme la Chine et la Russie. Aujourd’hui en Irak et en Ukraine, demain autour de la Mer de Chine ou en Afrique subsaharienne, cette « crise des crises » pourrait basculer vers des affrontements de grande échelle. À côté de ces guerres se produisent de gigantesques confrontations sociales où on observe la tendance des États à mettre de côté la démocratie libérale au profit de systèmes liberticides.
Rassurez-vous, on n’est pas encore rendus au point critique !
Comme au vingtième siècle, le 1% est partagé entre l’idée d’écraser tout le monde (le gros bâton via la « guerre sans fin » et la criminalisation des mouvements populaires) et sa force hégémonique, via sa domination sur le plan culturel (la « Planète Hollywood », notamment). De l’autre côté, les forces résistantes s’organisent, à la fois pour dire non à cette destruction prévisible, mais aussi pour gagner la « bataille des idées »…
Si on regarde ce que nos « ancêtres » ont fait, on note la grande convergence qui s’est produite entre les mouvements populaires, les forces de gauche, les mouvements de libération. Les mouvements sont passés à travers la tempête. Ils ont vaincu les armées d’occupation, le fascisme, le colonialisme. Ils ont forcé une partie du 1 % à accepter le fait qu’il fallait « civiliser » le capitalisme. Ils ont permis à l’humanité d’éviter la catastrophe. Sans doute qu’il faut retrouver ce chemin…
De la catastrophe à éviter
mardi 3 mars 2015 /

Il y a 100 ans, le monde tombait dans une crise inédite dans l’histoire du monde. La Première Guerre mondiale (1914-1918) a été suivie de la grande crise (1929), puis de la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945). Toute cette période a été une orgie de morts et de destruction. Au-delà des 100 millions de morts et de la destruction de pays entiers, on est passé proche d’une annihilation encore plus grave. Les grandes puissances de l’époque, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les États-Unis, discutaient ensemble pour voir si et comment pouvaient-elles construire une grande alliance pour écraser l’Union soviétique …