Tiré de Entre les lignes et les mots
Notre militant a délivré trois messages clés lors de la session internationale du Congrès. Premièrement, Sotsialnyi Rukh a été présenté aux délégués, en mettant l’accent sur notre programme anticapitaliste et socialiste démocratique. Ensuite, et surtout, notre position anti-guerre a été soulignée. Bien que Sotsialnyi Rukh soit reconnaissant envers le CPIML pour sa solidarité ouverte avec le peuple ukrainien, il rejette des positions et opinions erronées, à notre avis, telles que : le « whataboutism » la réduction de la guerre à une rivalité inter-impérialiste, la condamnation des livraisons d’armes à l’Ukraine, et l’appel à la levée des sanctions contre la Russie. En conclusion, notre représentant a exprimé le soutien de Sotsialnyi Rukh dans la lutte contre toutes les formes d’oppression en Inde et au-delà.
Dans son communiqué de presse « Résolution sur la situation internationale et le changement climatique », daté du 19 février, le CPI(ML) « a condamné l’agression russe contre l’Ukraine comme fasciste et a appelé à la fin de la guerre ». Dans le même temps, ce parti « a reconnu que l’OTAN était un véhicule de l’impérialisme américain et a appelé à son démantèlement ». Nous, membres du Sotsialnyi Rukh, insistons fortement sur le fait que l’Ukraine a le droit moral et légal absolu de défendre son intégrité territoriale, sa souveraineté politique et son peuple, y compris avec l’aide de l’armement fourni par l’Occident, la responsabilité de l’OTAN dans l’invasion russe est plutôt dans le manque d’actions pour soutenir l’Ukraine militairement et diplomatiquement avant la guerre, y compris les multiples positions de coopération avec la Russie à l’époque où l’impérialisme russe a envahi d’autres États.
Une fois encore, il est inutile de comparer les impérialismes lorsque la survie de notre peuple et notre libération de la domination russe sont en jeu. Comme l’a souligné à plusieurs reprises Kavita Krishnan, membre et activiste de longue date du CPIML, les Ukrainiens ordinaires mettent leur vie en jeu pour mener la véritable guerre de résistance contre la Russie. Les quelques voix parmi la gauche indienne qui sont sympathiques à la lutte de l’Ukraine doivent rester critiques dans leur analyse de la situation internationale et éviter de reproduire la propagande de Poutine.
Compte tenu des positions absolument pro-russes et pro-autoritaires du gouvernement BJP dirigé par Modi, nous pensons que le peuple indien devrait soutenir l’Ukraine, faire campagne pour une rupture complète de la coopération économique, diplomatique et politique de Modi avec l’Etat impérialiste russe de plus en plus fasciste, pour le soutien de la lutte ukrainienne contre la Russie, et pour la fourniture d’armes, y compris de l’Inde, à l’Ukraine. Nous appelons à renforcer les sanctions contre la Russie depuis l’Inde, et à adopter une position basée sur la solidarité internationale. Le monde que nous voulons n’est pas celui des impérialismes multipolaire ou unipolaire, mais celui d’une coopération démocratique entre les Etats.
Nous espérons donc sincèrement, dans un esprit de solidarité mutuelle et d’internationalisme, que notre participation au Congrès encouragera le CPIML et la gauche indienne à réévaluer leurs positions sur l’invasion russe et la résistance ukrainienne.
La transcription de ce discours est jointe ci-dessous.
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Discours prononcé lors de la session internationale
du 11e Congrès du CPI(ML), le 17 février 2023
Cher·es délégué·es du Congrès,
Merci de nous avoir invité·es· au 11ème Congrès du CPIML. En tant qu’organisation politique de gauche en pleine expansion en Ukraine, nous sommes toujours heureux d’entrer en contact avec des mouvements partageant les mêmes idées à travers le monde. Bien que l’Ukraine et l’Inde soient des pays très distincts et uniques, ils sont confrontés à des menaces similaires : l’offensive néolibérale en cours, la montée du néo-nationalisme, l’attaque contre les droits du travail et la sécurité sociale, aggravée par la pandémie du COVID-19, et la catastrophe écologique qui se profile. En outre, l’Ukraine se bat depuis un an contre une brutale agression militaire russe. Dans cette lutte, notre pays ne recherche pas seulement une paix abstraite, mais l’indépendance, l’autodétermination et la libération du régime colonial, impérialiste et de plus en plus fasciste russe.
Il y a trois messages clés que je voudrais transmettre aujourd’hui au nom de la Sotsialnyi Ruh. Tout d’abord : qui sommes-nous ? Sotsialnyi Ruh (« Mouvement social ») est une organisation politique ukrainienne de gauche qui promeut un programme anticapitaliste et à orientation sociale. L’organisation a été fondée en 2014 dans le sillage de l’Euromaidan, ou la révolution ukrainienne de la dignité. Comme indiqué dans l’un de nos textes programmatiques :
« Nous pensons que les problèmes à l’origine des nombreuses protestations ukrainiennes de ces dernières décennies (pauvreté, inégalités frappantes, injustice sociale, manque de démocratie, corruption et intérêts particuliers dans la politique, violence policière et attaques contre les droits civils et sociaux) ne pourraient être résolus que par une véritable révolution sociale – à savoir le remplacement du système existant de capitalisme oligarchique par un socialisme démocratique. »
Alors que notre vision politique comprend un éventail de positions anticapitalistes – du socialisme démocratique à l’éco-socialisme, de la social-démocratie à la démocratie directe, du féminisme socialiste au socialisme radical – le thème unificateur est de placer les personnes au-dessus du profit. En tant que militant·es politiques, nous avons suivi cette vision en défendant les travailleurs et les travailleuses ukrainien·nes, en apportant un soutien juridique, en nous opposant à la déréglementation et aux réformes néolibérales imposées par le FMI, en défendant les droits des femmes ou en nous mobilisant contre la violence ultranationaliste. Nous sommes également actifs/actives dans le mouvement syndical et les initiatives de coopération internationale.
Deuxièmement, permettez-moi de communiquer notre message anti-guerre. Dès le début de l’invasion russe le 24 février – et même avant – nous avons demandé à plusieurs reprises à la gauche internationale d’admettre le renouveau de l’impérialisme russe, au lieu de continuer à rendre l’OTAN et les États-Unis responsables de cette guerre. Il est absurde de choisir quel empire est « meilleur » lorsqu’une lutte pour la survie est en jeu. Il est évident que la cause progressiste de notre organisation ne peut être favorisée que si l’Ukraine et son peuple gagnent cette bataille pour l’indépendance et la décolonisation, qui est un préalable crucial.
Comme vous le savez, l’Inde a adopté une approche d’« équilibrage diplomatique » du conflit pour un certain nombre de raisons politiques, économiques et historiques. À cet égard, nous sommes reconnaissants au CPIML d’être ouvertement solidaire du peuple ukrainien contre la guerre, et d’exiger que la Russie cesse de bombarder l’Ukraine et retire son armée. Dans le même temps, nous n’acceptons pas l’appel du CPIML demandant aux États-Unis de retirer les sanctions contre la Russie et à l’OTAN de cesser sa prétendue expansion. Nous rejetons résolument le « whataboutism », tel qu’il est exprimé dans les déclarations telles que « l’ingérence et le bellicisme des États-Unis et de l’OTAN. »
Laissez-moi être clair. À Sotsialnyi Ruh, nous sommes absolument conscient·es et critiques des objectifs impérialistes et capitalistes occidentaux, que ce soit dans le passé ou dans le présent. Nous condamnons et combattons également les politiques néolibérales de notre propre gouvernement. Cependant, elles ne justifient absolument pas l’agression impérialiste de la Russie. En outre, nous demandons que la capacité d’agir (l’agentivité) de l’Ukraine dans cette lutte soit reconnue. Cela ne peut se faire lorsque la guerre est réduite à une rivalité impérialiste entre l’Occident et la Russie. Rappelons-nous qu’il y a plus d’un siècle, Lénine a reconnu la souveraineté ukrainienne précisément en raison des dangers du « chauvinisme grand-russe ». Pas étonnant que cela irrite autant Vladimir Poutine.
Enfin, permettez-moi de conclure que Sotsialnyi Rukh est pleinement solidaire de la mission du CPIML, qui consiste à combattre l’oppression en Inde et au-delà. Alors que le CPIML cherche à « sauver l’Inde des griffes du fascisme », l’Ukraine combat une menace fasciste externe venant de son voisin. Il est important de noter qu’une « combinaison de peur et de haine, de victimisation et de suprématie », comme le souligne à juste titre le projet de résolution pour le 11e congrès du CPIML, est présente en Russie autant qu’en Inde.
Nous sommes d’accord pour dire qu’il faut résister par tous les moyens au « pillage des entreprises et à l’agression fasciste », et nous soutenons pleinement l’appel du CPIML à « l’unité et la coopération les plus larges possibles entre toutes les forces démocratiques et tous les courants idéologiques ». À cet égard, Sotsialnyi Ruh est ouvert au dialogue sur des initiatives communes et à la coordination de nos efforts pour résoudre les problèmes les plus urgents de l’humanité causés par l’ordre socio-économique actuel.
Que la paix, l’égalité et la justice sociale prévalent.
Merci beaucoup pour votre attention.
https://rev.org.ua/communicating-with-the-left-in-india/
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