De Paris,
Omar HADDADOU
photos Omar Haddadou
La CGT sous le choc !
Partie prenante de la mobilisation, la Confédération a-t-elle failli à quelque mission pour essuyer un tel déluge d’invectives et de déprédation ?
La place de la Nation et ses 25 000 manifestants (source syndicale) se souviendront longtemps des échauffourées du 1er mai 2021, en particulier de ce dérapage lors de l’arrivée, vers 18 heures, des militants de la CGT, pris pour cible par un groupe d’individus vêtus de noir, apparenté au mouvement « Black blocs » - qui s’était donné rendez-vous sur Facebook - et des manifestants se revendiquant des Gilets jaunes.
Bravant à maintes reprises les interventions musclées des forces de l’ordre, la manifestation a réussi à effectuer son parcours… Mais à quel prix ?
Vingt et un blessés dont quatre graves, évacués en urgence à l’hôpital.
Etant de sortie revendicative avec leurs camarades de FO, de Solidaires et de la FSU, les militants (es) de la CGT ne s’imaginaient pas, en battant le pavé, subir un tel cauchemar. A défaut d’un bouquet de muguets et des avancées concrètes dans la concertation transversale, l’organisation et son service d’ordre ont eu droit à des coups de semonce et des tags d’une violence inouïe, augurant d’un malaise de rapprochement combatif : « CGT collabo » pouvait-on lire sur la carrosserie de la camionnette des militants, coincée entre la foule et les bagarres.
Face à ces déplorables incidents, où les pompiers ont été empêchés d’intervenir, le Secrétaire général, Philippe Martinez ne cachait pas son indignation : « Il y a eu de graves erreurs dans la gestion de cette manifestation. C’est scandaleux que nos camions et nos militants aient été caillassés. Le problème d’abord, c’est la sécurisation de la manifestation, puisque les camions ont été empêchés de dégager la place ». Le leader en appelle aux autorités françaises pour une révision des consignes données aux dispositifs de sécurité.
Intervenant à maintes reprises, les CRS, après avoir reçu plusieurs projectiles, ont répondu par des tirs de gaz lacrymogènes et procédé à des arrestations. Cette journée internationale des travailleurs 2021 à laquelle se sont jointes étudiantes et lycéennes, se voulait être un moment de rassemblement entre syndicats contre notamment la réforme de l’assurance chômage, mais aussi la dégradation des conditions du travail, la retraite et la précarité salariale. La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a condamné fermement les perturbations ayant émaillé certains défilés « Je trouve scandaleux que ces casseurs, les blacks blocs, aient voulu voler ce moment aux organisations syndicales », a - elle- déclaré sur une chaîne d’informations en continu. La Préfecture de police de Paris avait déjà annoncé avoir procédé à 34 interpellations et le parquet de Paris l’ouverture d’une enquête pour "violences volontaires". Des sanctions tomberont ! ont fait savoir ces derniers.
Réagissant à ses dérapages, Benjamin Amar, membre de la direction nationale de la CGT, qui était en visioconférence pendant les événements, a pointé du doigt l’extrême droite.
Tout acte violent, pourrait cependant obéir au postulat de cause à effet. Pour les Black blocs, les membres du service de sécurité de la CGT s’adonneraient à un travail d’agents à la solde de la force publique, car ils auraient partagé des infos avec la police et accompli ses tâches avec la matraque. D’où le lâchage !
A un an de la présidentielle, la France fait face à des tensions, des tiraillements politiques et des crises successives, corrélées aux disparités d’une extrême acuité, qui promettent des rounds tintamarresques.
O.H
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