La rentrée d’Écosociété s’ouvrira le 15 février avec un premier titre pour décoder le cinéma hollywoodien omniprésent aux États-Unis comme à l’étranger et qui charrie avec lui une panoplie de valeurs et de visions du monde. Parmi une pléthore de films qui vont d’un véritable discours critique à la Michael Moore au blockbuster le plus typique, comment interpréter les discours politiques véhiculés par l’imaginaire hollywoodien ? Claude Vaillancourt, cinéphile et altermondialiste, fait d’Hollywood et la politique un guide pour aiguiser notre oeil critique, interpréter les films et leurs messages politiques.
Faire la place au discours critique est également un enjeu au centre du livre SLAPP. Bâillonnement et répression judiciaire du discours politique de Normand Landry. L’acronyme SLAPP (Strategic Lawsuit against Public Participation) rend compte de cette stratégie contemporaine de musellement du débat public de plus en plus usitée. Il s’agit en effet d’utiliser les tribunaux sous prétexte de diffamation ou d’atteinte à la réputation, ce qui a pour effet de réduire au silence ses opposants, portant gravement atteinte à la liberté d’expression et au débat public. Que ce soit pour décrire les stratégies des slappeurs, les législations anti-SLAPP à travers le monde ou encore pour dénoncer une contamination économique de notre système judiciaire, ce livre est un indispensable pour qui a à cœur la bonne santé de notre démocratie. En librairie le 29 février.
Cette année, nous célèbrerons dans la tristesse la journée de la femme avec la sortie le 8 mars de Féminicides et impunité. Le cas de Ciudad Juárez, de Marie France Labrecque. Depuis 1993, plus d’un millier de femmes ont été tuées dans la ville mexicaine de Ciudad Juárez, devenue synonyme de violence extrême. Dans plusieurs cas, les cadavres retrouvés portaient des marques de torture et de sévices sexuels alors que la plupart de ces crimes sont restés impunis. Le terme féminicide s’est peu à peu imposé comme un concept privilégié pour traiter de cette situation intolérable. Si le féminicide désigne la mort violente d’une femme pour la seule raison qu’elle est une femme, il est surtout inhérent à un État incapable de garantir le respect de la vie des femmes et qui, par sa négligence ou son immobilisme, maintient l’impunité. C’est dans une perspective féministe, indispensable pour appréhender le phénomène dans son ensemble, et avec la rigueur d’un travail de terrain d’anthropologue, que Marie France Labrecque trace les origines de l’incompréhensible.
Le 4 avril s’ouvrira le début des festivités pour souligner les 20 ans d’Écosociété avec la sortie du deuxième tome de l’autobiographie de Serge Mongeau, Heureux, mais pas content. Utopiste d’avant-garde avec les pieds sur terre, figure charismatique de sage en colère, l’auteur de plus de 25 livres Serge Mongeau n’est plus à présenter. Auteur, éditeur, médecin « défroqué », infatigable lecteur, astucieux créateur de mouvements et d’associations pacifistes et écologistes, Serge Mongeau a une activité intellectuelle et politique aussi intense que variée. À travers le récit de son engagement éclectique mais cohérent, apparaît un homme libre à la vie pleine de rebondissements, de ruptures et de recommencements, d’espoir et de révoltes. Un homme qui, à travers tous ses combats, aura agi en poursuivant un objectif : arriver à ce que nous prenions collectivement conscience de la nécessité de réorganiser notre société pour que tous puissent y vivre de façon décente, aujourd’hui comme demain. Serge Mongeau est sans aucun doute une inspiration politique et sociale marquante pour les nouvelles générations.
La saison se terminera le 25 avril avec un nouveau titre dans la collection Actuels, Anticapitalismes d’hier et d’aujourd’hui, un collectif sous la direction de Francis Dupuis-Déri. La crise financière de 2008 qui a ébranlé l’économie des principaux pays industrialisés a ranimé les réflexions sur le capitalisme et ses ravages. Dans les médias, Marx est redevenu un auteur à lire. Le concept d’exploitation a retrouvé sa pertinence. Et la lutte des classes ne fait plus seulement sourire : elle mobilise les « indignéEs ». Ce recueil de textes se présente comme un état des lieux de ces réflexions anticapitalistes.
Bonne rentrée littéraire !
Elodie Comtois
Éditions Écosociété