Traduction : Alexandra Cyr
Texte publié le 25 novembre 2009
Après des mois de réflexion il fait ce qu’il fait habituellement, soit diluer les divergences, et succomber à l’establishment qu’il a choisi comme entourage pour le conseiller.
S’il est fort en paroles et en discours, Obama a démontré que sur le fond il est souvent faible. Mais cette fois il y aura peu de gens surpris. C’est maintenant SA guerre.
Mais il ne faudrait que nous nous trompions. Ajouter trente mille soldatEs ne permettra pas aux États Unis de « finir le travail », comme il aime à le dire. Il faudrait au moins dix fois ce nombre pour avoir la moindre chance de vaincre les Talibans et de contrôler la totalité de ce pays. Il en serait ainsi pour n’importe laquelle force extérieure occupante. Et ce serait à un prix énorme en vies humaines américaines et afghanes et en fonds provenant des poches des citoyenNEs américainEs via leurs impôts.
Donc, Obama n’a pas choisi la voie mitoyenne mais bien la voie de l’embourbement, la voie glissante qui va coûter cher de toute façon. Il en coûtera trente milliards de dollars par année, des milliers de morts et de blessés de plus dans l’armée américaine, de centaines de civils afghans tués ou blessés également. Tout cela sans aucune perspective de fin.
Il se trouve des « humanitaires », partisanEs de cette guerre pour nous dire que sans cela, le pays retombera aux mains des Talibans qui vont à nouveau imposer leur horribles lois aux femmes. Mais Malalaï Joya, cette leader du mouvement féministe afghan, presse les Américains de quitter le pays. « Il est plus facile de combattre un seul ennemi. Actuellement ceux et celles qui luttent pour la démocratie et le respect des droits humains en Afghanistan doivent affronter deux ennemis, les Talibans et les États-Unis. Si les troupes américaines n’étaient plus là le vrai visage réactionnaire des Talibans serait mis en évidence. Le peuple pourrait à ce moment là engager son propre combat pour la liberté. » Car, en ce moment, la popularité des Talibans augmente ; ils sont de plus en plus perçus comme la force la plus visible s’opposant à l’occupation étrangère. Et elle ajoute qu’à l’heure actuelle, avec le gouvernement Karzaï, les droits des femmes ne sont pas respectés.
Soyons clairs, les Etats-Unis ne sont pas allés en Afghanistan pour des raisons humanitaires et n’y restent pas non plus pour ce genre de raisons. Ils n’y sont pas plus pour éliminer Al Qaïda qui est maintenant au Pakistan, pas en Afghanistan.
Ils sont là parce que ce pays est en plein entre l’Iran et la Chine. Ils sont là parce qu’ils ne veulent pas que le Pakistan installe à Kaboul un gouvernement hostile à l’Inde et qui finirait par enflammer les relations entre ces deux vieux ennemis. Et il reste là parce qu’ils veulent s’assurer que le pétrole et le gaz naturel des républiques d’Asie centrale arrivent dans les ports pakistanais.
Le US National Security Strategy a déclaré en 2006, que l’Afghanistan allait continuer à jouer son rôle historique de pont entre l’Asie centrale et celle du Sud. Il fera la connexion entre ces deux régions vitales. Ce rapport soulignait aussi que l’Asie centrale est prioritaire pour la politique extérieure américaine : « Les éléments de notre stratégie globale se retrouvent dans cette grande région. Et nous devons les poursuivre simultanément : faire la promotion d’une démocratie qui fonctionne, soutenir activement l’expansion des réformes vers le libre marché , assurer la diversification de nos sources d’approvisionnement en énergie, augmenter la sécurité et gagner la guerre au terrorisme. »
Barak Obama reste en Afghanistan pour les mêmes raisons que Lyndon B. Johnson est resté au Vietnam : il ne veut pas concéder la défaite. C’est une décision qui reviendra le hanter comme ça a été le cas pour LBJ.