Édition du 1er avril 2025

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Le mouvement des femmes dans le monde

Cravate pour femme et collant pour homme

Il est parfaitement normal de voir des femmes avec une cravate ou une casquette et des hommes avec des collants, notamment parce que les rôles de genre ne sont que des constructions imposées à la société. Mais mes réponses à l’exercice de test d’anglais étaient fausses.

photo et article tirés de NPA 29

Je suis un homme et je porte des collants. Ma cousine est une femme et porte une casquette. Ma tante aime porter une cravate, mais mes réponses au test d’anglais étaient fausses après tout.

Il est intéressant de voir comment un test peut générer un débat structurel sur les préjugés dans notre société. Mon test comportait un exercice vestimentaire consistant à associer des accessoires à un sexe (homme ou femme) ou aux deux.

La liste contenait : sac à main, cravate, bonnet, collants, collier, écharpe et ceinture. Je vis en 2019 et j’ai mis le mot « both/ les deux » sur tous les accessoires. Le résultat a été mal noté sur les accessoires suivants : bonnet, cravate et collant. Après avoir tenté d’exprimer poliment mon point de vue, j’ai été menacé d’une faute disciplinaire, uniquement parce que l’enseignant n’était pas d’accord avec mon opinion sur la validité du test.

Il est parfaitement normal de voir des femmes en cravate et casquette ou des hommes en collants, notamment parce que les rôles de genre ne sont que des constructions imposées à la société. Nous voyons des joueuses de football porter des collants et mettre des cravates tous les jours. Après tout, l’industrie du chapeau vend toujours aux deux sexes, n’est-ce pas ?

Une femme est enceinte, la famille s’interroge sur le sexe de l’enfant, pour acheter un bavoir rose ou un bleu. Une attente du développement de l’enfant est créée par le genre. Elle va jouer avec des poupées, il sera footballeur, mais s’il aime Hello Kitty ?

Le problème n’est pas seulement familial, c’est aussi pour l’école. Dans une autre discipline, l’informatique, un de mes professeurs, avec des opinions politiques d’extrême droite, a déclaré que la place des femmes était dans la cuisine après qu’un élève ait posé une question sur le travail que nous voulons faire.

Est-il si difficile de comprendre que les femmes sont aussi ou plus capables que n’importe quel homme en informatique ? Ce n’est pas le genre qui nous rend aptes à exercer n’importe quelle profession. La compétence n’a pas de sexe.

Quand j’étais plus jeune, j’ai constaté que ma mère gagnait moins que mon père pour remplir exactement la même fonction. Je n’ai jamais pu comprendre ce qui sous-tend une discrimination aussi grave.

Mais cela a eu le don de m’ouvrir les yeux. En plus de la discrimination sociale en ce qui concerne les vêtements, cette discrimination est une réalité sur le lieu de travail. Les femmes d’aujourd’hui, pour recevoir la même chose que les hommes, devraient travailler en moyenne trois mois de plus par an.

Nous devrions tous pouvoir nous habiller et nous exprimer à notre guise, et l’école doit cesser d’appliquer des règles inutiles, telles que demander aux élèves de penser qu’un objet (un vêtement) doit avoir un genre prédéfini.

Bien que cette affaire se soit produite à cause de la différence d’âge abyssale entre moi et l’enseignant, je pense qu’il y a beaucoup de chemin à parcourir et beaucoup de difficultés dans mon groupe d’âge.

Je rêve d’une société où les étudiants seront libres d’exprimer leur opinion, où chacun peut porter ce qu’il veut, être qui elle-il veut au fond de lui-elle-même. Une société juste basée sur l’égalité, la fraternité et la liberté. Libre de toute forme d’oppression, même de choix de vêtements. J’espère que ce rêve se réalisera bientôt. Après tout, je n’avais jamais pensé qu’en 2019 on débattrait du fait que ma tante portait une cravate.

Eduardo Couto 16 ans Élève de 11e année à Santa Maria da Feira et membre du Bloc de Gauche 8 février 2019

https://www.publico.pt/

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sur le même thème : Le mouvement des femmes dans le monde

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...