Près du double de compressions dans le réseau en 2015-2016
Les données du Ministère de la Santé et des Services sociaux démontrent que le réseau subira en 2015-2016 des compressions budgétaires de plus de 580 millions de dollars, ce qui se traduira notamment par des coupes de 5 millions en santé publique et de 198 millions en santé physique. Alors que les établissements de Montréal devront réduire leurs budgets de 150 millions de dollars, ceux de Laval devront se passer de près de 15 millions de dollars pour donner les services à la population. Seulement au CSSS Laval, il y a eu plus d’une centaine d’abolitions de postes en 2014-2015.
« Les compressions budgétaires imposées cette année par le gouvernement Couillard sont près du double de celles que nous avons subies l’an dernier. Les dernières coupes ont eu pour conséquence d’entraîner des dizaines d’abolitions de postes dans la région en plus de voir nombre de services réduits. Qu’est-ce que ce sera cette année ? Quels services la population de la région ne pourra plus recevoir à cause de l’austérité libérale ? Est-ce que seront les aîné-es vulnérables, les jeunes en difficulté ou les patient-es qui attendent dans les urgences qui devront payer le prix de l’austérité ? », se questionne Luc Bastien, vice-président régional de la FSSS-CSN.
Réduire au silence ceux qui veulent défendre les services à la population
Plutôt que de s’opposer à l’affaiblissement progressif du réseau de santé et de services sociaux, trop d’établissements tentent de réduire au silence celles et ceux qui dénoncent les impacts concrets des compressions. C’est particulièrement le cas à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, ancien établissement du ministre Gaétan Barrette, où l’employeur est intervenu à plusieurs reprises pour empêcher les syndicats d’informer le personnel et la population sur les impacts des compressions.
« Comme syndicat, nous avons un devoir d’alerter la population quand nos services publics sont attaqués et que la population ne peut plus recevoir les services auxquels elle est en droit de s’attendre. Nous ne pouvons accepter que des établissements concentrent leur énergie à vouloir imposer la loi du silence plutôt qu’à défendre le caractère public de notre réseau de santé et de services sociaux. Plutôt que d’utiliser le bâillon comme le fait si souvent le gouvernement libéral, nous devrions nous concentrer à mettre de l’avant des solutions pour améliorer l’accès aux services pour la population », de conclure Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN).