Édition du 1er avril 2025

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Pénurie de main-d’œuvre à l’urgence de l’hôpital du Sacré-Cœur Le ministre de la Santé doit intervenir

La Fédération de la santé et des services sociaux–CSN, le Syndicat des professionnel-les en soins infirmiers et cardio-respiratoires de même que le Syndicat des travailleuses et travailleurs de l’hôpital du Sacré-Cœur – CSN pressent le ministre de la santé, Yves Bolduc, d’intervenir rapidement auprès de la direction du centre hospitalier pour éviter le pire à l’urgence. C’est qu’à moins d’un virage radical et immédiat dans la gestion de la pénurie de main-d’œuvre dans ce service névralgique, la situation risque de se détériorer au point de mettre carrément en péril la vie des patients dont l’état de santé est souvent très instable.

La présidente de la FSSS–CSN, Francine Lévesque, considère que l’heure est venue pour le ministre de la Santé et des Services sociaux d’agir en vue de mettre fin à cet état de crise continuel qui perdure à l’urgence depuis trop longtemps. « Le laisser-faire manifeste de la direction depuis plus deux ans, malgré les appels répétés des syndicats, mais surtout ses récents refus de les rencontrer pour discuter des avenues pour contrer les effets désastreux de la pénurie de personnel, voilà des signes qui indiquent que cela ne peut plus durer. Il faut une intervention musclée pour protéger et garantir des services de qualité à la population ».
Un niveau inégalé de dangerosité

Pour Lise Thérrien, présidente du Syndicat des professionnel-les en soins infirmiers et cardio-respiratoires de l’Hôpital du Sacré-Cœur, « la direction joue carrément à la roulette russe en laissant huit infirmières sur dix-sept s’occuper de 56 patients en urgence alors que la capacité d’accueil est de 46, comme cela s’est produit en fin de semaine sur le quart de nuit. Quand vous avez la moitié moins d’infirmières pour répondre à un nombre de patients qui dépasse de loin la capacité d’accueil, on se place nécessairement en situation de dangerosité », fait-elle valoir. Elle rappelle que le même personnel a vécu une crise similaire au printemps dernier où les infirmières ont manifesté leur exaspération en occupant l’urgence de l’hôpital. La seule réponse de l’employeur a été de demander l’intervention du Conseil des services essentiels, sans aucune autre considération.
Plusieurs songent à quitter

La pénurie de main-d’œuvre crée beaucoup de pression chez le personnel infirmier aux plans professionnel et éthique en raison des surcharges et de la cadence de travail qui sont imposées. Elle engendre également de l’inquiétude et des frustrations au point où plusieurs infirmières ont déjà quitté leur emploi ou envisagent de le faire, faute de motivation et d’encouragement tangible de la direction. Depuis septembre dernier seulement, neuf infirmières de nuit ont quitté pour travailler dans d’autres hôpitaux. En service de soirée, sept infirmières ont annoncé qu’elles entendaient partir à leur tour, sans compter que plusieurs départs à la retraite sont prévus sur le quart de jour. « C’est beaucoup de départs pour un seul service, fait valoir Lise Thérrien. Or, la direction sait depuis longtemps que la pénurie va s’accentuer à l’urgence sans qu’elle réagisse. On ne sent pas de volonté de régler de façon permanente cette question de la pénurie de la main-d’œuvre. C’est toujours de la gestion « à la petite semaine », sans aucune vision à moyen et long terme ».
Intervenir efficacement pour contrer la pénurie

Pour la présidente du syndicat, il est inacceptable que la direction annule à la dernière minute des rencontres paritaires comme ce fut le cas les 25 novembre et 17 octobre derniers. Ces rencontres étaient pourtant prévues depuis longtemps et visaient à travailler conjointement sur différents aspects de l’organisation du travail et des soins, conformément à une entente locale signée le 25 juillet par les parties. Or, nous avons appris de la direction qu’elle avait fait le choix de s’en remettre aux bons soins d’une entreprise de gestion de crise, la firme Mac Kenzie.

La réorganisation des tâches et des responsabilités professionnelles, l’intégration de nouveaux titres d’emploi, la stabilisation des postes, le travail en équipe, la diminution du temps supplémentaire obligatoire, la réduction du travail confiée aux agences privées, voilà autant d’éléments pouvant avoir des effets positifs structurants et continus sur la main-d’œuvre en soins infirmiers et qui doivent être débattus avec les syndicats. « Ces questions-là ne peuvent pas être réglés par l’intervention du Saint-Esprit. Nous espérons que nos efforts des derniers mois n’auront pas été vains. Il en va de l’avenir même de l’urgence de l’hôpital et de la qualité des soins ».

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN) est la plus importante organisation syndicale dans la santé et les services sociaux avec environ 122 000 membres répartis dans plus de 330 syndicats des secteurs public et privé. Elle est affiliée à la Confédération des syndicats nationaux qui regroupe plus de 300 000 syndiqué-es.

Source : FSSS- CSN - 2 décembre 2008

Mots-clés : Communiqués

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