Édition du 1er avril 2025

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Premières Nations

Les nations Innue, Malécite et Mi'gmaq exigent que les chefs fédéraux s'engagent à protéger le golfe du Saint-Laurent contre l'exploitation pétrolière

MONTRÉAL, le 8 juillet 2015 - Alors que le Québec propose d’ouvrir le golfe du Saint-Laurent à l’exploration pétrolière, des chefs des nations Innue, Malécite et Mi’gmaq exigent que les chefs des partis fédéraux indiquent aux électeurs qu’ils vont protéger cet écosystème précieux et essentiel.

« C’est un enjeu qui affecte les moyens d’existence des autochtones et des non autochtones dans cinq provinces et c’est de la responsabilité du gouvernement fédéral de les protéger », a déclaré Chef Jean-Charles Piétacho des Innus de Ekuanitshit.

Le mois dernier, le Québec a annoncé qu’il entend lever le moratoire sur l’exploration pétrolière dans le golfe et qu’il compte accorder des permis une fois qu’un régime législatif est en place. Terre-Neuve a déjà accordé un permis dans le secteur Old Harry, au nord-est des Îles-de-la-Madeleine, mais les travaux n’ont pas commencé.

Les pouvoirs du Québec et de Terre-Neuve viennent du gouvernement fédéral et les provinces ont besoin d’une approbation fédérale pour les décisions les plus importantes. Old Harry est la frontière établie par le Canada pour donner à chaque province son autorité réglementaire.

« L’explosion de Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique il y a cinq ans faisait suite à un forage exploratoire, comme ce que les provinces entendent autoriser », a dit Chef Scott Martin des Mi’gmaq de Listuguj. « Nous voulons que les chefs des partis fédéraux demandent aux gens de l’Île-du-Prince-Édouard, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, du Québec et de Terre-Neuve s’ils sont prêts à courir le risque du même genre de désastre dans le golfe du Saint-Laurent ».

Une évaluation environnementale stratégique par le Québec a déjà conclu qu’une catastrophe sur l’échelle de Deepwater Horizon serait « plausible » si l’exploration était entreprise. Les conséquences seraient désastreuses pour la pêche commerciale qui rapporte 1,5 milliard $ par année autour du golfe et pour le tourisme qui génère un autre 800 millions $ par année.

Les communautés Innue, Malécite et Mi’gmaq du Québec ont formé une alliance en 2013 pour la protection du golfe du Saint-Laurent. À la réunion de l’Assemblée des Premières Nations à Halifax en 2014, leur appel à un moratoire a reçu l’appui de chefs Mi’gmaq et Malécite de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick

« Le saumon a assuré la survie de nos peuples depuis des temps immémoriaux et il passe par le golfe avant de revenir frayer dans nos rivières », a déclaré Grand Chef Anne Archambault de la Première Nation Malécite de Viger. Nous avons des droits reconnus par la Constitution pour bénéficier de la pêche dans le golfe et ces droits ont préséance sur le pétrole ».

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