Montréal, le 26 février 2008. – « Malgré quelques surprises intéressantes, comme la formule de remplacement des bourses du millénaire et l’aide ciblée pour les travailleurs des industries en crise et les infrastructures, le budget déposé aujourd’hui donne l’impression d’un gouvernement qui a épuisé ses réserves d’imagination lors de l’Énoncé économique d’octobre dernier. C’est le budget d’un gouvernement insensible aux difficultés qui affligent les Canadiens et qui préfère s’en laver les mains. »
Telle est la réaction du président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), M. Réjean Parent, au nouveau budget du gouvernement conservateur, dévoilé aujourd’hui par le ministre des Finances, Jim Flaherty.
Ce budget se signale en fait par plusieurs initiatives d’un goût douteux, par exemple la nouvelle proposition de Compte d’épargne libre d’impôt (CELI) qui permettra d’accumuler des intérêts en franchise d’impôt, ou l’affectation de 630 millions des marges limitées pour les forces policières et les prisons.
« Tout le monde s’accordait, en janvier dernier, pour dire que le fonds de 1 milliard de dollars mis à la disposition des provinces pour aider les travailleurs des industries en crise était insuffisant. Le budget déposé aujourd’hui ne fait rien pour les travailleurs du Québec », déplore le président de la CSQ.
L’enseignement postsecondaire et la formation professionnelle oubliés
M. Réjean Parent croit également que le gouvernement Harper se lave les mains en ce qui a trait aux besoins en matière d’enseignement postsecondaire et de formation professionnelle qui sont pourtant considérables.
« Mis à part la nouvelle formule d’aide financière aux étudiants, en remplacement des bourses du millénaire, que nous accueillons favorablement, aucun effort additionnel n’est prévu pour le financement de l’enseignement postsecondaire, en sus des 800 millions de dollars du budget de 2007 pour l’enseignement postsecondaire et des 500 millions pour la formation liée au marché du travail », déplore le président de la CSQ.
Le logement social et les aînés oubliés
M. Parent soutient que le budget se révèle aussi décevant pour les aînés. « Les conservateurs avaient promis de rendre le supplément de revenu garanti accessible aux personnes âgées les plus démunies. Le budget ignore ces engagements », rappelle-t-il.
Le dirigeant syndical soutient que le ministre des Finances a également oublié le logement social. « On le sait, le gouvernement fédéral se traîne les pieds en matière de financement du logement social. Le contexte de ralentissement économique est particulièrement propice à une intensification des investissements dans ce domaine. Malheureusement, le budget n’a rien prévu à cet égard », fait remarquer M. Réjean Parent.
Effort insuffisant pour la réfection des infrastructures
De plus, le président de la CSQ constate que le gouvernement fédéral n’en fait pas suffisamment pour la réfection des infrastructures qui se sont détériorées au fil des ans, et qui est devenue une nécessité incontournable. « On aurait souhaité que le gouvernement fédéral vienne épauler les efforts consentis par les gouvernements provinciaux et municipaux dans ce domaine. Le budget se limite à reconduire les 2 milliards déjà engagés et à injecter 500 millions pour le transport en commun. C’est décevant », de dire M. Parent.
D’autres constats : en matière d’environnement, le budget ne contient rien pour dissiper l’image de cancre du G-20 que le gouvernement Harper a soigneusement construite. Les 300 millions pour l’énergie nucléaire et les 250 millions pour le stockage du carbone s’apparentent davantage à des entreprises commerciales.
Par ailleurs, il ne semble pas que le budget indique une reprise du financement des comités régionaux de la condition féminine.
Des milliers de travailleurs abandonnés à leur sort
En terminant, M. Réjean Parent dénonce fortement le fait qu’au moment où l’économie américaine frise la récession et que celle du Canada risque d’en subir les contrecoups, le gouvernement Harper ne prévoit rien pour stimuler l’activité économique. « Il abandonne ainsi à leur sort des milliers de travailleurs des secteurs manufacturiers et forestiers voués au chômage. Ce budget donne vraiment l’impression d’un gouvernement qui se lave les mains des problèmes sérieux qui affectent la population », de déclarer le président de la CSQ, M. Réjean Parent.