Le mouvement d’interdiction du burkini déborde la France et trouve désormais des partisans au Québec. Or, je ne vois pas d’un bon œil qu’un gouvernement impose aux femmes, peu importe leur religion, comment elles devraient s’habiller à la plage.
Soyons sérieux, le problème du terrorisme islamiste ne peut être combattu avec un code vestimentaire discriminatoire. Cela ferait même le jeu des groupes comme l’État islamique qui clament que l’Occident est hostile aux musulman-es pour encourager la radicalisation. Ne leur donnons pas raison.
Si des femmes se voient forcer par leur entourage ou par une doctrine intégriste à porter le burkini, leur émancipation ne passe certainement pas par l’interdiction. Cela risquerait au contraire de les isoler encore plus.
Pour lutter contre les violences que subissent les femmes, des ressources communautaires existent. Il est temps d’arrêter de couper partout et de réinvestir massivement dans ces services.
Ce qu’il faut pour le Québec, ce sont des politiques féministes, inclusives et progressistes. Nous ne protégerons ni les femmes ni la culture québécoise à coup de codes vestimentaires.
Manon Massé, député de Sainte-Marie-Saint-Jacques