Le président de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ), M. Bernard Bérubé, a profité de l’ouverture aujourd’hui du Congrès de son organisation syndicale, qui se déroule jusqu’à vendredi à Matane, pour commenter les derniers développements dans le conflit opposant les étudiants au gouvernement.
Un retour forcé risqué
Pour le président de la FPPC-CSQ, le premier ministre Jean Charest aurait intérêt à poursuivre sa réflexion avant d’opter définitivement pour la ligne dure.
« Même si le gouvernement réussit à mettre fin aux lignes de piquetage devant les établissements, cela ne veut pas dire que les conditions seront réunies à l’intérieur pour reprendre les cours normalement. Un tel retour forcé en classe, sous la menace d’amendes sévères, risque d’exaspérer et de radicaliser encore plus les étudiants opposés à la hausse », prévient M. Bérubé.
Une tension qui demeure élevée partout
M. Bernard Bérubé conseille d’ailleurs aux membres du gouvernement de regarder ce qui se passe dans les collèges où les cours ont repris.
« Ce n’est pas parce qu’il n’y a plus de manifestations à l’extérieur que l’ambiance à l’intérieur est propice à l’apprentissage. C’est loin d’être le cas. La tension demeure élevée à la fois chez les étudiants, le personnel et la direction. Cette crise est un véritable gâchis par la faute d’un gouvernement qui a refusé de négocier sérieusement avec les étudiants dès le départ, préférant laisser pourrir la situation en espérant que la contestation s’essoufflerait avec le temps », analyse le président de la FPPC-CSQ.
Des étudiants et le personnel choqués et traumatisés
M. Bérubé ajoute que le recours à une loi spéciale est symptomatique d’un gouvernement qui s’est défilé de ses responsabilités dès les premières heures du conflit et qui poursuit sur cette lancée.
« Le recours abusif aux forces policières armées de matraques et de gaz contre nos propres jeunes n’a pas ébranlé que les étudiants. Il a également choqué et traumatisé nos propres membres. Ces derniers n’en reviennent pas que le gouvernement ait préféré envoyer la police envahir les campus plutôt que de respecter la démocratie étudiante et de négocier sérieusement avec les représentants des étudiants », déplore M. Bernard Bérubé.
Le 7e Congrès de la FPPC-CSQ se déroule sous le thème Vers un syndicalisme branché sur notre monde.