Le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Jean-Patrick Brady, a tenu une conférence de presse, le 28 février à Montréal, afin de présenter ses demandes financières en vue du budget du gouvernement du Québec qui sera présenté le 13 mars prochain. Pour l’occasion, il a adressé à la Ministre des finances, Mme Monique Jérôme-Forget, un mémoire intitulé Faire de l’éducation une vraie priorité, dans lequel la FEUQ définit les besoins financiers du réseau universitaire et propose des solutions de réinvestissement.
« La communauté universitaire crie famine. Le fardeau des hausses de tarifs demeure la seule nouvelle contribution au financement du réseau. On ne peut pas demander à l’Université de servir la société et son économie dans ce contexte là. » s’est exclamé Jean-Patrick Brady, président de la FEUQ. Rappelons que le sous financement chronique des universités québécoises est estimé à plus de 400 M $, et que le dégel des frais de scolarité ne rapportera que 75 M $ à terme. « Aucune hausse de la contribution étudiante ne suffira à combler les besoins. Sortons de notre torpeur et construisons enfin la société du savoir sur le socle de l’éducation supérieure. L’État a le devoir moral de faire de l’éducation une vraie priorité en annonçant un réinvestissement public majeur dans les universités » a insisté M. Brady.
L’adoption du budget du gouvernement du Québec est l’occasion rêvée de rendre l’espoir possible. Notre développement économique national est de plus dépendant de la qualité de nos établissements universitaire. Il y a deux jours, la publication du budget fédéral confirmait la disponibilité d’importantes sources de financement pour l’éducation postsecondaire au Québec. « Le gouvernement du Québec dispose maintenant de 187 M $ en transferts fédéraux supplémentaires. Il doit d’abord les ajouter à la subvention publique des collèges et des universités. Finalement, il doit remplir sa propre promesse de réinvestissement de 200 M $ par année. » a ajouté Jean-Patrick Brady.
L’accessibilité aux études à la croisée des chemins
L’abolition de la Fondation canadienne des bourses du millénaire et son remplacement par un programme canadien de subventions étudiantes auront un impact majeur sur le financement de l’aide financière aux études. Le budget 2008 du gouvernement du Québec doit en tenir compte. « Ottawa jette le chaud et le froid sur le financement des prêts et bourses au Québec avec son budget. Mais à terme, nos analyses démontrent que le gouvernement provincial disposera d’un financement supplémentaire de 25 M $ pour l’aide financière. Il doit immédiatement garantir le maintien à long du financement du plafond actuel de prêts pour éviter une explosion de l’endettement des étudiants les plus pauvres. » rappelle M. Brady. « Les fonds fédéraux lui donneront même les marges de manœuvre nécessaires pour bonifier les conditions d’accès aux prêts et bourses ! » souligne-t-il.
« Une dernière mise en garde reste cruciale. Faire de l’éducation une vraie priorité, c’est aller au-delà des chiffres et des paroles creuses. C’est donner aux acteurs du milieu les moyens de réaliser les rêves qu’on prétend leur faire porter. De la maternelle à l’Université, nous sommes des centaines de milliers qui ne demandent qu’à se dépasser ! » conclut Jean-Patrick Brady