Québec, le 13 mars 2008 – Le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) constate que le train de la réingénierie libérale roule toujours à grande vitesse malgré le silence du gouvernement Charest à ce sujet. À cet égard, le budget 2008-2009 de la ministre des Finances comporte plusieurs mauvaises nouvelles pour la fonction publique du Québec. En effet, les budgets de plusieurs ministères seront diminués et tous seront affectés par une diminution importante de leurs effectifs. À terme, le SFPQ considère que cette situation compromet la capacité des ministères et des organismes à rendre les services auxquels la population est en droit de s’attendre.
Au chapitre de la croissance des dépenses, la ministre Monique Jérôme-Forget réserve un maigre 0,3 % d’augmentation pour les budgets des ministères et des organismes autres que la Santé, l’Éducation, les Transports et la Famille. « En tenant compte de l’inflation, cela signifie des coupures de budget, qui s’additionnent à celles qui se succèdent année après année depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement libéral », explique le président général du SFPQ, Michel Sawyer.
Moins de fonctionnaires
Par ailleurs, la ministre des Finances a profité de la présentation de son budget pour annoncer qu’au terme de la dernière année, le gouvernement Charest avait réussi à retrancher 4 538 ETC (équivalent temps complet) des effectifs de la fonction publique depuis 2004. Pour l’an prochain, la réduction prévue s’élève à 1 280 ETC. De façon plus concrète, pour le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, cela signifie l’abolition de 157 ETC, pour le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, 102 ETC, pour le ministère de la Sécurité publique, 78 ETC, pour le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, 30 ETC, et pour le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, il faudra compter avec 61 ETC en moins.
Michel Sawyer explique que la réduction des effectifs de la fonction publique engendre inévitablement une diminution de service, notamment au chapitre des inspections. « Au cours des prochains mois, les médias nous rapporteront de plus en plus souvent les cas d’organismes comme l’Office de la protection du consommateur (OPC), qui ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Déjà nous savons que le nombre d’inspections en environnement diminue d’année en année et qu’un jour ou l’autre, nous devrons en payer le prix. La liste des diminutions de service s’allonge de jour en jour ».
« Le train de la réingénierie se poursuit sans tambour ni trompette, sans véritable débat public et sans que la ministre Monique Jérôme-Forget explique à la population les impacts de ses choix politiques en regard de la diminution de la taille de l’État et du nombre de fonctionnaires. La ministre ne peut se féliciter, année après année, de la diminution du nombre de fonctionnaires sans expliquer à la population comment son gouvernement peut prétendre maintenir la qualité et l’accessibilité des services offerts par la fonction publique. Tôt ou tard, elle devra bien admettre que moins de fonctionnaires signifie moins de services », a conclu Michel Sawyer.