« C’est un rapport qui comprend de nombreuses recommandations étoffées. Quarante-neuf en tout. À première vue, il s’en dégage des orientations et des pistes intéressantes. Cependant, les travailleurs des usines de transformation alimentaire restent sur leur appétit », a commenté Denise Boucher, vice-présidente de la CSN, après avoir pris connaissance du rapport de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois.
Du côté des bons coups, elle a cité en exemple les recommandations visant à soutenir et à développer la transformation et la distribution alimentaires en région. Elle pense également aux objectifs visant la santé et la saine alimentation.
Droit et devoir d’alerte non retenus
Mais la porte-parole de la centrale syndicale observe que le rapport ne comprend pas de recommandations qui auraient pu mettre en œuvre une politique globale et intégrée de sécurité alimentaire. Pour assurer la sécurité alimentaire, ce rapport aurait dû inclure une recommandation sur le droit et le devoir d’alerte.
« Je crois que nous étions en mesure de nous attendre à ce que l’on retienne l’idée du droit et du devoir d’alerte », a précisé Denise Boucher. Le droit et le devoir d’alerte est un concept novateur. Son objectif premier est de garantir à la population du Québec et à celle des pays importateurs que les produits québécois sont sains et peuvent être consommés en toute sécurité. Le droit et le devoir d’alerte s’accompagnent du droit des travailleurs et de leurs syndicats d’arrêter la production lorsqu’ils estiment que nous sommes en présence d’une situation comportant des risques d’affecter la qualité des produits et pouvant nuire à la santé.
« Pour nous, il est clair que nous allons poursuivre les démarches pour que ce droit et ce devoir fassent partie de nos pratiques », de déclarer la vice-présidente de la CSN.
La formation restée dans l’angle mort
Autre sujet de déception, les recommandations sur la formation continue ne visent pas suffisamment les travailleurs des usines de transformation alimentaire. « C’était une commission sur l’agriculture et l’agroalimentaire, mais on peut se demander si l’agroalimentaire n’a pas été un peu négligé dans ce cas particulier », de dire Normand Faubert, vice-président de la Fédération du commerce de la CSN, présent à la présentation du rapport, cet après-midi à Québec. « Les travailleuses et les travailleurs de cette industrie sont une fois de plus laissés dans l’angle mort de la formation et de l’application des règles de sécurité alimentaire », a-t-il déploré.
« Il reste maintenant à voir comment le gouvernement va disposer de ce rapport. Quant à nous, nous continuerons nos démarches pour doter le Québec d’une politique de sécurité alimentaire et pour atteindre également la souveraineté alimentaire », a conclu Denise Boucher.
La CSN compte plus de 300 000 travailleuses et travailleurs de tous les types de milieux de travail, tant dans le secteur privé que dans le secteur public. La FC–CSN regroupe près d’une centaine de syndicats représentant 35 000 travailleuses et travailleurs, dont environ 10 000 œuvrent dans le secteur agroalimentaire.
Source : CSN - 12 février 2008