Généralement perçus comme des problèmes confinés à l’économie informelle et, plus particulièrement, à l’industrie du sexe, le trafic des êtres humains et le travail servile représentent désormais un problème croissant dans l’industrie de l’habillement à niveau mondial. C’est ce qu’a révélé le mouvement syndical international aujourd’hui, à Vienne, à l’occasion du Forum des Nations unies sur le trafic des êtres humains.
Citant les exemples de l’Ile Maurice, de la Jordanie, de Taiwan, de l’Inde, de l’Argentine, de la Roumanie, des Etats-Unis et de la Chine, Neil Kearney, secrétaire général de la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir (FITTHC), dont le siège se trouve à Bruxelles, a signalé que le trafic d’êtres humains intervient aussi bien en direction des pays du nord que du sud et que le produit de leur exploitation se retrouve dans les rayons de tous les magasins de mode d’Europe et des Etats-Unis. Les personnes concernées sont victimes d’un triangle maléfique dans lequel se trouvent impliqués des agents d’embauche, des fabricants de vêtements et des chaînes de distribution mondiales, qui maximisent leurs profits au détriment de la main-d’œuvre qui produit la marchandise.
Citant les exemples de l’Ile Maurice, de la Jordanie, de Taiwan, de l’Inde, de l’Argentine, de la Roumanie, des Etats-Unis et de la Chine, Neil Kearney, secrétaire général de la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir (FITTHC), dont le siège se trouve à Bruxelles, a signalé que le trafic d’êtres humains intervient aussi bien en direction des pays du nord que du sud et que le produit de leur exploitation se retrouve dans les rayons de tous les magasins de mode d’Europe et des Etats-Unis. Les personnes concernées sont victimes d’un triangle maléfique dans lequel se trouvent impliqués des agents d’embauche, des fabricants de vêtements et des chaînes de distribution mondiales, qui maximisent leurs profits au détriment de la main-d’œuvre qui produit la marchandise.
« Toutes les victimes présentent des caractéristiques communes ; celles d’être jeunes, bon marché, soumises, sans protection et, la plupart du temps, invisibles », a signalé M. Kearney. « Elles sont généralement recrutées dans leurs villages et obligées de payer une commission à l’agent d’embauche pouvant, dans certains cas, représenter jusqu’à 20 ans de rémunération au salaire minimum. Cette commission finit généralement par se convertir en un prêt avec intérêt. Ce prêt constitue dès lors un engagement à part entière vis-à-vis de l’agent d’embauche, ayant souvent pour effet d’asservir la jeune personne concernée. Les travailleurs sont ensuite transférés à un centre de transit où ils doivent parfois attendre jusqu’à trois mois avant que des documents de voyage ne leur soient délivrés.
« Toutes les victimes présentent des caractéristiques communes ; celles d’être jeunes, bon marché, soumises, sans protection et, la plupart du temps, invisibles », a signalé M. Kearney. « Elles sont généralement recrutées dans leurs villages et obligées de payer une commission à l’agent d’embauche pouvant, dans certains cas, représenter jusqu’à 20 ans de rémunération au salaire minimum. Cette commission finit généralement par se convertir en un prêt avec intérêt. Ce prêt constitue dès lors un engagement à part entière vis-à-vis de l’agent d’embauche, ayant souvent pour effet d’asservir la jeune personne concernée. Les travailleurs sont ensuite transférés à un centre de transit où ils doivent parfois attendre jusqu’à trois mois avant que des documents de voyage ne leur soient délivrés.
« A partir de ce moment, ils n’ont plus le droit de faire marche-arrière. Ils doivent porter des tenues de couleurs distinctives – souvent fluo- qui permettent de facilement les identifier comme appartenant à l’un ou l’autre agent. Ils sont ensuite expédiés par avion à leur propriétaire temporaire. Souvent, leur seul contrat est celui passé avec l’agent d’embauche qui les livre « en bloc » au fabricant, contournant ainsi toutes obligations légales concernant leurs conditions d’emploi.
« A partir de ce moment, ils n’ont plus le droit de faire marche-arrière. Ils doivent porter des tenues de couleurs distinctives – souvent fluo- qui permettent de facilement les identifier comme appartenant à l’un ou l’autre agent. Ils sont ensuite expédiés par avion à leur propriétaire temporaire. Souvent, leur seul contrat est celui passé avec l’agent d’embauche qui les livre « en bloc » au fabricant, contournant ainsi toutes obligations légales concernant leurs conditions d’emploi.
« Il est fréquent que l’agent d’embauche confisque leurs papiers d’identité tandis qu’ils sont soumis à des heures de travail à rallonge pour des salaires de misère, souvent dans des conditions abominables.
« Il est fréquent que l’agent d’embauche confisque leurs papiers d’identité tandis qu’ils sont soumis à des heures de travail à rallonge pour des salaires de misère, souvent dans des conditions abominables.
Les déductions salariales pour le remboursement du prêt, les frais de voyage, le logement et la nourriture, outre les amendes imposées en cas d’erreur, de bavardage au travail etc. entament une bonne partie de leurs revenus.
« En Chine, par exemple, un agent d’embauche déduisait plus de 30% des salaires rien que pour le remboursement de la commission de recrutement. Dans un autre cas, les travailleurs finissaient par devoir de l’argent à l’agent à la fin du mois, une fois que toutes les déductions avaient été faites.
« En Chine, par exemple, un agent d’embauche déduisait plus de 30% des salaires rien que pour le remboursement de la commission de recrutement. Dans un autre cas, les travailleurs finissaient par devoir de l’argent à l’agent à la fin du mois, une fois que toutes les déductions avaient été faites.
« Bien qu’ils ne soient pas nus ou enchaînés, mais néanmoins sans papiers, loin de chez eux et exposés à une langue et à une culture inconnues, ils n’en sont pas moins esclaves.
« Bien qu’ils ne soient pas nus ou enchaînés, mais néanmoins sans papiers, loin de chez eux et exposés à une langue et à une culture inconnues, ils n’en sont pas moins esclaves.
« Si les agents de recrutement sont les méchants dans ce cas, les fabricants de vêtements se rendent sciemment complices de leurs actions et les distributeurs et détaillants se fournissant auprès d’eux tirent de gros profits de ce trafic esclavagiste. M. Kearney a appelé les gouvernements à promulguer des lois qui garantissent le travail décent et à rigoureusement appliquer les règles en résultant.
« Il convient de veiller à une réglementation stricte des agents de recrutement. Les commissions de recrutement doivent être interdites par la loi, conformément à la Convention 181 de l’OIT, et les employeurs doivent être tenus d’assumer l’ensemble des frais de recrutement, de voyage, etc. », a-t-il dit. « L’ensemble des travailleuses et des travailleurs migrants devraient avoir droit à un contrat d’emploi signé directement avec leur employeur et devraient bénéficier de conditions non moins favorables que la main-d’œuvre locale. » Et de poursuivre : « Des informations détaillées devraient leur être communiquées concernant leurs droits, et ce, aussi bien dans le pays émetteur, préalablement à leur départ, qu’à leur arrivée dans le pays hôte.
« Si les agents de recrutement sont les méchants dans ce cas, les fabricants de vêtements se rendent sciemment complices de leurs actions et les distributeurs et détaillants se fournissant auprès d’eux tirent de gros profits de ce trafic esclavagiste. M. Kearney a appelé les gouvernements à promulguer des lois qui garantissent le travail décent et à rigoureusement appliquer les règles en résultant.
« Il convient de veiller à une réglementation stricte des agents de recrutement. Les commissions de recrutement doivent être interdites par la loi, conformément à la Convention 181 de l’OIT, et les employeurs doivent être tenus d’assumer l’ensemble des frais de recrutement, de voyage, etc. », a-t-il dit. « L’ensemble des travailleuses et des travailleurs migrants devraient avoir droit à un contrat d’emploi signé directement avec leur employeur et devraient bénéficier de conditions non moins favorables que la main-d’œuvre locale. » Et de poursuivre : « Des informations détaillées devraient leur être communiquées concernant leurs droits, et ce, aussi bien dans le pays émetteur, préalablement à leur départ, qu’à leur arrivée dans le pays hôte.
« Les travailleuses et travailleurs migrants devraient toutes et tous avoir le droit d’adhérer à des syndicats locaux et de mener de négociations collectives concernant leurs salaires et leurs conditions de travail.
« Les travailleuses et travailleurs migrants devraient toutes et tous avoir le droit d’adhérer à des syndicats locaux et de mener de négociations collectives concernant leurs salaires et leurs conditions de travail.
« Lorsque les agents d’embauche sont des employeurs recourant à des activités illégales relevant de l’exploitation, les travailleurs affectés devraient avoir droit à une indemnisation exemplaire et les pénalités imposées aux transgresseurs devraient être de nature punitive » a conclu M. Kearney.
La Fédération internationale des travailleurs du textile, de l’habillement et du cuir est une fédération syndicale internationale représentant 220 organisations affiliées avec un effectif combiné de 10 millions de travailleurs.
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