Québec, le 23 octobre 2008 – De passage devant les membres de la Commission de l’économie et du travail dans le cadre de la consultation sur l’avenir du régime forestier, la présidente générale du Syndicat de la fonction publique (SFPQ), Lucie Martineau, a invité le gouvernement à confier le développement et l’exploitation de la forêt aux intervenants régionaux. Parallèlement, le SFPQ souhaite également que le gouvernement renforce les fonctions de planification, de suivi et de contrôle assumées par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), et ce, en concertation avec les autorités régionales. Pour ce faire, le ministère devrait pouvoir compter sur des effectifs en quantité suffisante, ce qui lui permettrait notamment de déconcentrer une partie plus importante de ses activités en région.
Pour Lucie Martineau, la position du SFPQ se veut rassembleuse et devrait rallier une majorité des intervenants de la forêt. « Notre proposition constitue ni plus ni moins une petite révolution dans la façon de gérer la forêt québécoise. En effet, nous proposons de confier aux Conférences régionales des élus (CRÉ) améliorées et imputables les activités d’exploitation, de développement et de reboisement de la forêt actuellement confiées à l’industrie forestière et de leur permettre ainsi d’en retirer les pleins bénéfices au profit de la collectivité régionale. Se faisant les CRÉ, par l’intermédiaire des Commissions régionales des ressources naturelles et du territoire (CRRNT), pourraient décider d’opérer elles-mêmes ces tâches ou encore de les offrir à des entreprises de leur territoire. Elles pourraient choisir de travailler avec les MRC, de créer une coopérative de travailleurs, bref, ce serait alors le choix de chacune des régions de voir comment elles désireraient gérer cette responsabilité ».
Par ailleurs, la leader syndicale a signifié aux parlementaires qu’il est impératif que le MRNF conserve et intensifie ses fonctions de planification, de suivi et de contrôle des activités d’exploitation et d’aménagement forestier, et ce, en assurant une présence plus grande de son personnel sur le terrain. « Actuellement, les enquêteurs du ministère n’ont pas les budgets pour sortir et documenter les infractions tandis que le ministère n’a plus les effectifs nécessaires pour assurer l’inventaire des matières ligneuses non utilisées. On ne poursuit donc pas les fautifs, pas plus qu’on ne connaît réellement l’état de la forêt », a expliqué Mme Martineau.
Le modèle proposé par le SFPQ permettrait de maintenir l’imputabilité du ministère tout en assurant une amélioration importante de l’intervention globale faite dans la gestion forestière. Pour ce faire, Lucie Martineau estime que le secteur forêt du MRNF devrait subir une transformation notable afin, d’une part, de supporter activement les travaux de planification en régions et d’autre part, d’assurer le suivi et le contrôle dans les forêts du Québec.« Ainsi, le gouvernement supporterait les régions dans leur développement en travaillant de concert avec elles au sein d’équipes terrain multidisciplinaires. De plus, en ayant une présence accrue sur le terrain, les fonctionnaires du ministère seraient en mesure de valider véritablement le respect des droits de coupe octroyés, le respect des normes d’exploitation et d’aménagement, d’effectuer des travaux de mesurage et d’échantillonnage afin de valider les travaux de recherche et de développement. Bref, le ministère pourrait gérer la forêt en temps réel », a conclu la présidente générale du SFPQ.