Oublier un tel épisode de notre histoire témoigne d’une incompréhension du fait que les causes de ces événements sont similaires. Une importante partie de la population se mobilise devant le mépris, les mensonges et le refus du débat démocratique des gouvernements, la marchandisation des biens commun et public, la judiciarisation technocratique du politique, la captation de la richesse par une élite « corpocratique » qui demande aux autres de faire leur « juste part ». La lutte étudiante incarne tout cela en même tant qu’elle s’encastre dans une mouvance plus globale de résistance au néolibéralisme. Elle se déploie en grande partie de manière pacifique et il faut être aveugle ou désinformé pour ne pas voir que la violence d’État dépasse de loin - et provoque souvent - celle des individus qui, malheureusement, choisissent cette voie.
Ces jeunes ont de nombreux appuis, quoiqu’en disent des sondages qu’on sacralise manifestement aussi bêtement que les notes des agences de notation. Et ils savent, comme le dit Jean-Marie Muller, spécialiste de l’action non-violente en France, que « ce n’est jamais la désobéissance civile qui menace la démocratie, mais bien l’obéissance servile à la loi. La démocratie n’est jamais achevée, elle se fonde sur l’action citoyenne et est toujours à construire, et pas seulement en votant. » (Relations, no 743, septembre 2010). Montrons que nous le savons aussi.
Catherine Caron
Montréal