Aux États-Unis, les reculs sont déjà en cours. Le gouvernement de Trump ne reconnaît que deux sexes qui sont considérés immuables, les femmes trans se font bannir des sports, les militaires trans se font exclurent, les femmes trans se font envoyer dans des prisons pour hommes, et l’accès aux soins d’affirmation de genre est en péril.
Les personnes trans ont peur, et avec raison. Plusieurs personnes trans ont commencé à stocker leurs hormones, par peur de se faire retirer leurs médicaments nécessaires. Les thérapies de conversions prennent de l’ampleur et sont normalisées. Plusieurs personnes trans se voient refuser leur renouvellement de passeport avec leurs marqueurs de genres adéquats ou se font carrément confisquer leurs documents. Des comptes se font bloquer sur Meta en raison de “propagande trans”. Et la liste délirante et anxiogène de recul des droits trans continue encore longtemps…
Une tonne de sites officiels du gouvernement de Trump a retiré toute mention des personnes trans. Par exemple, le site des parcs Nationaux, dans sa section sur le monument national de Stonewall, utilise maintenant l’acronyme LGB et ne mentionne plus les personnes trans. Pourtant, les émeutes de Stonewall étaient des manifestations violentes rendues possibles par des personnes trans. Ces émeutes ont été une des étapes importantes de désobéissance civile afin que les personnes LGBTQ+ puissent avoir les droits qui leurs reviennent.
La recherche scientifique est aussi menacée par les politiques de Trump.
Le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies a demandé à ses scientifiques de rétracter ou de suspendre la publication de tout manuscrit de recherche qui comprend des “termes interdits”. Utiliser des termes interdits comme “genre, transgenre, transsexuel ou non-binaire” pourraient faire perdre le financement des scientifiques qui font des recherches sur nos communautés. On sonne l’alarme : cette censure importante de la recherche et des informations en ligne nous inquiète au plus haut point.
On essaye très fort de nous effacer en ce moment. Tout comme les nazis qui ont brûlé des bibliothèques de livres sur la recherche sur le genre en 1933, Donald Trump essaie d’effacer systématiquement les personnes trans et intersexes parce que leur existence même menace sa vision fasciste du monde. On assiste présentement à des brûlages de livres nazis à l’ère de l’internet, il y a peut-être moins de flammes mais il y autant de censure et de violence.
Toutes les personnes marginalisées se font ciblées par les politiques de Trump, et l’impact de ces politiques va particulièrement se faire sentir chez les personnes à l’intersection de plusieurs oppressions, comme les femmes trans racisées.
Nous avons peur qu’attaquer autant publiquement les droits des personnes marginalisées, ça mène à encore plus de violence, puisque la haine devient complètement décomplexée. Être transphobe, raciste ou sexiste semble soudainement comme une opinion valide, pas un enjeu d’ignorance.
Ce qui est certain, c’est qu’on ne peut pas prendre nos droits pour acquis au Canada. On voit comment ça peut rapidement dégringoler. C’est le temps de solidariser nos politiciennes et politiciens locaux à nos causes et de nous mobiliser.
Des attaques autant directes à nos droits, ça peut nous paralyser de peur, pis c’est ça qu’ils veulent, qu’on soit isolé et apeurés. Il faut combattre ça avec des actions de solidarité, et tisser des liens communautaires parce qu’ensemble on n’est plus fort qu’eux ! On va avoir besoin d’allié.e.s et de solidarité plus que jamais pour mener ces luttes ! Sachez que les personnes trans sont derrière vous, on va vous soutenir et on ne se laissera pas effacer.
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