En prétextant vouloir protéger le « bien-être de la population en cas de grève ou de lock-out », notamment pour « assurer la sécurité sociale, économique et environnementale », le gouvernement — à la fois employeur et législateur — s’octroie de nouveaux pouvoirs pour contrer des mouvements populaires, légitimes et nécessaires.
« C’est précisément en raison d’un manque de sécurité économique, sociale et environnementale que les travailleur•se•s doivent recourir à la grève. Que le ministre du Travail s’arroge le pouvoir de la limiter par décret ne bénéficiera ni à ces personnes, qui font rouler l’économie et tiennent les services publics à bout de bras, ni à la population, qui a besoin de ces services », soutient Robert Comeau, président de l’APTS.
Pour l’organisation syndicale, l’équilibre entre les travailleur•se•s et leurs employeurs est essentiel pour maintenir une paix sociale et des relations de travail justes. En affaiblissant le droit de grève, le PL 89 risque de briser cet équilibre au profit des employeurs, rendant encore plus difficile pour les salarié•e•s de défendre leurs conditions de travail.
L’APTS souligne également que la stratégie du gouvernement est cousue de fil blanc : il détourne l’attention de son propre échec à devenir un employeur de choix en pointant du doigt les personnes salariées. La grève n’est jamais le premier choix, mais plutôt leur dernier recours lorsqu’elles n’ont plus d’option pour améliorer ou préserver leurs conditions de travail.
« Le gouvernement s’inquiète du bien-être de la population en cas de grève, mais pas en cas de compressions sauvages dans les réseaux publics ? Les gens ne sont pas dupes. Le gouvernement Legault tente de faire porter aux travailleur•se•s la responsabilité de ses promesses brisées. Plutôt que de s’attaquer aux enjeux d’accessibilité et de qualité des services de santé et sociaux, de redresser nos services publics et d’améliorer concrètement la qualité de vie de la population, la CAQ choisit de brimer un droit fondamental », poursuit Robert Comeau.
L’APTS analysera en détail le projet de loi et formulera des recommandations aux parlementaires. Si l’Assemblée nationale adopte une loi allant à l’encontre des droits garantis par les chartes québécoise et canadienne des droits de la personne, l’organisation syndicale n’exclut pas d’intenter une contestation devant les tribunaux.
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