On peut dire que les ambulanciers paramédicaux d’Urgences-santé, membres de la FSSS-CSN, ont entamé un virage important vers la reconnaissance de leur travail indispensable. L’entente de principe intervenue entre le syndicat, le gouvernement et Urgences-santé ne règlera pas tous les problèmes mais elle marque un tournant. Elle a été adoptée en assemblée générale, tenue mardi soir et mercredi matin, dans une proportion de 75,9 %.
En ce qui concerne les salaires, tous les paramédics d’Urgences-santé obtiennent un rattrapage substantiel, découlant notamment d’une réévaluation de leur profession. Ainsi, à compter du 1er juillet 2009, ils passeront du rangement 12 au rangement 17 dans la structure salariale de l’État. Concrètement, cela signifie que leur salaire horaire, au haut de l’échelle, passera de 22, 44 $ actuellement à 30,40 $ dans 18 mois.
Les parties compléteront les travaux de relativité salariale d’ici cette date afin de déterminer quelles seront exactement les nouvelles échelles salariales. Par ailleurs, elles ont convenu de créer un titre d’emploi pour les paramédics de soins avancés et devront déterminer dans quel rangement ceux-ci se retrouveront afin de mieux refléter l’exigence du baccalauréat.
En attendant le 1er juillet 2009, les ambulanciers paramédicaux profiteront d’augmentations de salaire de 2 % pour chacune des années 2006, 2007, 2008 et 2009.
Autres gains
Les ambulanciers paramédicaux auront dorénavant droit à des primes de soir (4 %) et de nuit (11 %). Celles-ci sont rétroactives au 1er septembre 2006. De plus, à compter du 30 mars 2010, ils toucheront une prime de 4 % pour le travail effectué durant la fin de semaine.
Les parties ont convenu de mettre en œuvre des moyens pour limiter le recours aux heures supplémentaires. De plus, tout travail effectué en sus d’une période normale de travail sera dorénavant rémunéré à 150 % du taux horaire normal.
L’entente prévoit la mise sur pied d’un programme de retraite progressive, ce qui permettra aux ambulanciers paramédicaux d’avoir un accès plus facile à la retraite, tout en leur permettant d’améliorer leurs revenus une fois retraités.
Ils obtiennent également la création d’un comité de travail paritaire pour trouver des solutions concrètes aux problèmes liés à l’organisation du travail et à la pénurie de main-d’œuvre. Le ministère de la Santé et des Services sociaux siégera également à ce comité. Dès le printemps prochain, celui-ci devra avoir produit des résultats. Les syndiqué-es n’hésiteront pas à se mobiliser à nouveau si les travaux de ce comité venaient à s’enliser.
Un virage important… mais la route est longue
Pour le président du Syndicat du préhospitalier de Montréal et de Laval FSSS–CSN, Réjean Leclerc, cette entente marque un tournant. « Cette négociation nous a permis d’améliorer nos conditions de travail, c’est certain, mais elle nous a également donné l’occasion de nous faire entendre et d’amener Urgences-santé et le gouvernement à nous considérer comme un interlocuteur incontournable. Nous pouvons dire aujourd’hui que notre rôle stratégique dans le système de santé est mieux reconnu. Il reste de nombreux problèmes à régler chez Urgences-santé, par exemple la rétention du personnel ainsi que la santé et la sécurité au travail : nous n’entendons pas lâcher. Nous considérons qu’un bout de chemin important a été franchi et cela nous permet d’envisager l’avenir avec confiance. C’est pour cette raison que nous acceptons aujourd’hui cette entente de principe, même si elle ne règle pas tout. J’en appelle à la bonne foi d’Urgences-santé et du ministère pour continuer le travail afin de solutionner les problèmes, notamment par le biais de notre nouveau comité paritaire des relations de travail. »
La convention collective n’est pas encore signée
La nouvelle convention collective sera signée et entrera en vigueur après que les parties se seront entendues sur l’écriture finale des textes du contrat de travail sur la base de l’entente de principe. Les membres du syndicat devront se prononcer sur cette convention pour l’adopter. D’ici la signature, le syndicat conserve son droit d’exercer tout moyen de pression, y compris la grève, et il entend demeurer vigilant afin que les principes entérinés aujourd’hui soient transposés d’une manière satisfaisante dans la nouvelle convention collective. Quelque 252 personnes se sont exprimées par vote secret en faveur de l’entente de principe et 80 l’ont rejetée. Cette nouvelle convention collective sera en vigueur jusqu’au 31 mars 2010.
Le Syndicat du préhospitalier de Montréal et de Laval FSSS–CSN représente les 824 ambulanciers paramédicaux du Grand Montréal. La Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN compte près de 3000 ambulanciers paramédicaux parmi ses 110 000 membres au Québec. Quelque 300 000 travailleuses et travailleurs de tous les secteurs d’activité unissent leurs forces au sein de la Confédération des syndicats nationaux et ce, depuis 1921.
Source : CSN - 19 décembre 2007