UNIES, MOBILISÉES ET CERTAINES D’AVANCER !
L’Intersyndicale des femmes
mardi 10 mars 2009
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Aujourd’hui, le courant de droite tente de nous ramener en arrière. Il discrédite le féminisme et le syndicalisme dans l’opinion publique afin de nous retirer des droits que nous avons acquis de haute lutte.
Malheureusement, plusieurs personnes croient que le féminisme et le syndicalisme sont dépassés et n’ont plus leur raison d’être.
Nos gains ne sont pas tombés du ciel et ils sont encore très fragiles. Nous les avons gagnés parce que nous étions UNIES, MOBILISÉES ET CERTAINES D’AVANCER !
Quels sont les effets des politiques de droite sur les conditions de vie et de travail des femmes ?
Au Québec, la montée de la droite, c’est, par exemple :
La menace d’abolition et de coupures encore plus importantes qui plane toujours sur des organismes gouvernementaux voués à la défense et à la promotion des intérêts des femmes (Conseil du statut de la femme, Commission de l’équité salariale) ;
La privatisation des services publics, qui a notamment pour effet de transférer des responsabilités aux femmes, elles qui constituent actuellement 70 % des proches aidants ;
La sortie publique du cardinal Turcotte annonçant qu’il remettait sa médaille de l’Ordre du Canada pour protester contre l’attribution de cet honneur au docteur Henry Morgentaler, héros de la lutte pour le droit à l’avortement, et qui démontre bien que l’intégrisme religieux est bien près de nous ;
Le courant antiféministe qui attribue au féminisme l’éclatement des familles, le taux élevé de décrochage scolaire des garçons, la détresse des hommes. etc.
La violence envers les femmes en 2008 :
• 8000 femmes et 5000 enfants ont fui la violence et trouvé refuge dans une maison d’hébergement ;
• Plus de 16 000 femmes ont frappé à la porte d’un Centre de femmes pour cause de violence ;
• Plus de 21 000 femmes en détresse, ou leurs proches désirant leur venir en aide, ont téléphoné à la ligne S.O.S. Violence Conjugale ;
• Sans compter toutes celles qui encaissaient les coups en silence… ;
• Pendant ce temps, les refuges et maisons d’hébergement débordent et sont toujours sous-financés.
Alors qu’il n’y a plus de cours spécifiques d’éducation à la sexualité, pas de spécialistes pour l’enseigner et qu’on coupe dans les programmes de prévention en santé communautaire :
• Les petites filles sont encouragées à ressembler plus à des femmes sexy qu’à des jeunes filles ;
• Les publicités ont l’air d’être sorties directement de revues porno ;
• La sexualité précoce chez nos jeunes est une pratique de plus en plus courante ;
• Les cas d’infections transmises sexuellement augmentent de façon alarmante.
Au Canada, la montée de la droite, c’est notamment :
La présence, au niveau fédéral, de forces conservatrices qui n’ont rien pour nous rassurer, d’autant plus que la droite religieuse y est largement présente et influente ;
L’énoncé budgétaire, l’automne dernier, du ministre conservateur des finances qui, malgré un repli stratégique, prévoyait rien de moins que de limiter les hausses de salaire du personnel, de suspendre jusqu’en 2011 le droit de grève dans la fonction publique fédérale et de reporter la question de l’équité salariale dans le champ de la négociation des conventions collectives, quand on sait très bien que cela s’est révélé une voie sans issue et que l’équité ne se négocie pas ;
Le retrait du mot « égalité » des objectifs de Condition féminine Canada ;
L’abolition, en 2006, par le gouvernement conservateur, des subventions aux groupes et organismes voués à la défense des droits et au « lobbying » ;
La menace récente et persistante au droit à l’avortement par un ensemble de projets de loi, dont le projet de loi C-484. Cette tentative odieuse a soulevé un tollé chez des milliers de personnes, unies et mobilisées.
Aux États-Unis, la montée de la droite s’illustre par :
De nombreux référendums qui, lors des récentes élections, ont conduit certains États à adopter des mesures rétrogrades, quand elles n’étaient pas déjà existantes :
• Interdiction d’adoption pour des couples non mariés ou des couples formés de personnes de même sexe ;
• Interdiction de mariage entre personnes de même sexe ;
• Bannissement de toute mesure d’action positive, que ce soit à l’endroit des femmes ou des personnes de minorités visibles, sans compter les tentatives de rendre l’avortement illégal ;
La droite économique qui impose sa moralité : c’est seulement après des années de procédures judiciaires qu’un géant américain du commerce a consenti, en mars 2008, à ce que la « pilule du lendemain » soit vendue dans ses pharmacies. Il a toutefois assorti sa décision d’une clause de conscience derrière laquelle ses pharmaciens peuvent se retrancher pour la refuser aux clientes.
Chez nous, au Québec, toutes ces idées de droite trouvent non seulement écho, mais bénéficient d’une large tribune médiatique où règnent souvent l’homophobie, le racisme, le sexisme, la discrimination contre les personnes démunies ou bénéficiaires de l’aide sociale, et l’idée du retour des femmes à la maison.
Que faire ? S’UNIR ET SE MOBILISER !
Parce que se soulever contre l’injustice est profondément humain.
Parce que la lutte contre l’injustice est le moteur principal du progrès social.
Parce que les conditions de vie des femmes sont bien meilleures aujourd’hui grâce à la lutte de celles qui les ont précédées.
À celles et ceux qui prétendent que le féminisme est dépassé et que les jeunes ne s’y reconnaissent pas, rappelons qu’à l’automne 2008, près de 600 jeunes féministes de 15 à 35 ans participaient au rassemblement pancanadien « Toujours Rebelles » à Montréal.
Leur manifeste proclame :
« Nous sommes déterminées à apprendre de notre passé, à honorer les luttes menées par nos prédécesseures et à nourrir nos rêves pour l’avenir […] nos identités sont érodées dès notre plus tendre enfance, alors que notre éducation, la télévision et les magazines nous dictent que notre apparence, notre façon de nous habiller et notre façon d’agir sont déterminées par notre sexe. La violence est normalisée, les agressions sexuelles érotisées. Notre éducation à la santé sexuelle est inadéquate et nos droits reproductifs sont bafoués. Nos besoins sont loin d’être comblés. »
Surtout pas question de retourner en arrière :
• Dans les années 1960, une enseignante qui se marie doit démissionner.
• En 1963, une femme ne peut pas avoir un compte en banque à son nom ni signer un bail ; de plus, son père ou son mari doit signer pour qu’elle puisse être membre d’un syndicat.
• Jusqu’en 1969, diffuser de l’information sur les méthodes de contraception est illégal.
• Jusqu’en 1969, un père doit encore signer la licence d’infirmière de sa fille.
• Jusqu’en 1979, une salariée de l’État doit démissionner, elle doit aussi renoncer à son poste et à son ancienneté pour demeurer avec son enfant plus de 4 mois après sa naissance.
• Encore en 1979, une femme célibataire sans conjoint qui veut garder son bébé doit l’adopter.
• Encore en 1985, une salariée non syndiquée ne peut s’absenter du travail, même sans salaire, pour remplir des obligations reliées à la garde, à la santé ou à l’éducation de son enfant ou de l’enfant de son conjoint, ou en raison de l’état de santé d’un de ses proches.
• Jusqu’en 1988, l’avortement est illégal au Canada.
• Avant 1997, année de l’entrée en vigueur de la Loi sur l’équité salariale, on ne reconnaît pas que le travail traditionnellement attribué aux femmes vaut autant que celui des hommes.
• Jusqu’en 2004, le harcèlement sexuel et le harcèlement psychologique n’existent pas aux yeux de la Loi sur les normes du travail et les non syndiqués ne disposent donc que de recours coûteux et fastidieux à cet égard.
• Jusqu’en 2006, il n’y a pas de Régime d’assurance parentale au Québec. C’est le régime fédéral d’assurance emploi qui permettait jusqu’alors le versement de prestations plus restrictives, moins généreuses et basées sur une logique de chômage.
• Jusqu’au récent jugement de la Cour supérieure du Québec invalidant les lois 7 et 8 imposées sous le bâillon en 2003 par le gouvernement libéral, la syndicalisation du personnel des ressources intermédiaires et de type familial et des responsables des services de garde en milieu familial était interdite.
Ces injustices sont d’un passé pas très lointain, nos acquis sont encore très fragiles, et il reste tant à faire.
En cette Journée internationale des femmes :
C’est UNIES et MOBILISÉES que nous serons CERTAINES de continuer d’AVANCER.
• Assurons une vigilance de tous les instants
• Exprimons notre indignation
• Affirmons notre fierté d’être féministes et syndiquées
• Prenons position pour la justice et l’égalité
EN CE 8 MARS 2009
SOYONS… UNIES, MOBILISÉES ET CERTAINES D’AVANCER !
Rédaction : Nicole Lacelle
L’Intersyndicale des femmes est composée des organismes
suivants :
• Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) www.aptsq.com
• Centrale des syndicats démocratiques (CSD) www.csd.qc.ca
• Centrale des syndicats du Québec (CSQ) www.csq.qc.net
• Fédération autonome du collégial (FAC) www.lafac.qc.ca
• Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) www.fiqsante.qc.ca
• Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) www.sfpq.qc.ca
• Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) www.spgq.qc.ca
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